La rénovation du marché du Montfort, fruit de la concertation citoyenne

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La halle du marché du Montfort se prépare à accueillir l’équipement culturel tant attendu pour le quartier Robes-pierre/Cochennec/Péri.

Il y a trois ans, les habitant·e·s du quartier Robespierre/Cochennec/Péri décidaient de préserver la halle du marché du Mont-fort d’un chantier immobilier. La halle vitrée aux proportions raisonnables (1200 m2, c’est relativement peu) se distingue nettement des rangées de pavillons qui évoquent une banlieue résidentielle. Depuis sa création en 1952, le marché du Montfort est un lieu central pour les habitant·e·s des quartiers Robespierre/Cochennec/Péri, et pas uniquement pour faire le plein de légumes, de charcuteries ou de spécialités chinoises. C’est officiellement l’endroit où « tout le monde se retrouve », pour reprendre les mots d’une habituée. Une place publique qui s’est affirmée comme telle depuis la création de la buvette il y a trois ans, et qui devrait accueillir encore plus de monde avec l’installation d’un équipement culturel inter-générationnel au sein de la halle.

L’IMMOBILIER RETOQUÉ
Tout commence, ou plutôt l’aventure reprend en 2017, au cours du conseil de quartier du 26 avril. Les habitant·e·s présent·e·s ce soir-là découvrent un projet immobilier présenté par Icade, qui englobe la halle du marché et les habitations se trouvant au 117, rue Hélène Cochennec. Entre autres choses, il est question de reconstruire complètement la halle en installant des logements au-dessus et un parking en dessous. A priori, le marché aurait été gardé en l’état mais l’idée de mener des travaux importants autour de ce lieu effraie les habitant·e·s présent·e·s. « On n’a pas eu confiance. On avait peur qu’ils en profitent pour virer le marché pendant les travaux », explique une des participantes. Résultat des courses : trois scénarios sont présentés et soumis à une concertation puis à un vote dans les mois qui suivent. Le premier projet d’Icade sans changements, un second scénario similaire avec moins d’appartements, et une troisième possibilité, une halle complètement préservée. 60% des 197 votant·e·s se prononcent en faveur de cette dernière solution, dans l’optique de s’atteler à une rénovation du marché qui en ferait un lieu encore plus fédérateur. En somme, on part d’une page blanche : rien n’est imposé, mais tout est à imaginer. 

REPENSER LES LIEUX
À l’occasion d’un projet immobilier refusé, les habitant·e·s du quartier se retroussent ainsi les manches pour redonner du souffle à leur petit marché. Dans le cadre de l’engagement 14 qui impose la concertation des habitant·e·s pour tout chantier important, le service de la démocratie locale organise des moments de travail pour celui de la halle. Progressivement, il est question de repenser une partie de ce lieu pour y accueillir des
activités s’adressant à des individus de tous les âges. La buvette a inspiré cet investissement « culturel » du marché. L’idée est de proposer à l’avenir un lieu pérenne et ouvert quotidiennement. Pour rappel, cet équipement de proximité est très attendu par les habitants et fait d’ailleurs l’objet de l’engagement 12. Une association albertivillarienne sera en charge du futur local mais avant qu’elle ne prenne place derrière les stands de fruits et légumes, il a fallu répondre à quelques questions techniques. Parmi les principaux enjeux du chantier à venir, celui du partage de la halle entre les activités marchandes et les prochaines activités d’animation. Les futurs plans prévoient en effet un espace divisé en deux. Côté Hélène Cochennec, on trouverait toujours le marché et tous ses commerces, mais l’espace libre côté parking serait employé pour le local. Si certain·e·s regretteront le manque à gagner pour la partie commerce, qui ne pourra plus s’enrichir de nouveaux stands, cette perte de terrain s’est présentée comme la solution la plus simple et la plus pratique dans un environnement urbain saturé. De plus, l’emplacement appartient à la ville, qui peut donc y faire des travaux d’aménagement rapidement. La mise aux normes qu’implique la présence d’un équipement culturel permettra, en prime, de moderniser un peu notre bon vieux marché de quartier. Le Montfort continuera de briller dans la ville, et il ne perdra rien de son charme un peu archaïque.

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