Mais que fait donc Veolia à Aubervilliers ?

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Il y a deux ans, Veolia s’est installé au parc du Millénaire, un quartier d’Aubervilliers en pleine mutation, et qui, selon certains, pourrait devenir « La Défense du XXIe siècle ». Pour certains, c’est bien le « V » de Veolia, mais pour beaucoup cela ressemble plutôt à un « U »… Tout dépend sous quel angle on observe le bâtiment flambant neuf du siège de Veolia, inauguré le 17 octobre 2016. Conçu par l’Autrichien Dietmar Feichtinger, le « V », puisqu’il faut l’appeler ainsi, a nécessité cinq ans d’études et de travaux.
Posé dans le prolongement du canal de l’Ourcq, le bâtiment peut séduire par son allure et son ouverture. Car c’est bien de cela dont il s’agit… d’ouverture sur la ville.
« Je voulais que ce bâtiment ne soit pas un simple objet posé au milieu de nulle part », avait précisé l’architecte. Pari réussi ? Que l’on aime ou pas, là, c’est une question de goût, il est indéniable que les baies vitrées, les jardins agrémentés visibles de loin et le hall principal s’ouvrant sur la darse du canal Saint- Denis créent du lien avec l’extérieur, qui est loin d’être « nulle part ».

Une ville dynamique

Car le siège de Veolia ne s’est pas installé n’importe où. Loin de là. Aubervilliers et ses près de 90 000 habitants se situe dans le 3e département le plus peuplé d’Île-de-France. De nombreuses le groupe Veolia est présent sur les cinq continents et compte près de 169 000 salariés.
Plus de 2 000 sont présents à Aubervilliers. Veolia est une multinationale
française experte dans la gestion de trois domaines complémentaires : l’eau, les déchets et l’énergie. avec son slogan « ressourcer le monde », le groupe se positionne en tant qu’acteur du développement durable des villes et des industries.
Fiche infrastructures de transport en commun ont été réalisées ou sont en cours, et beaucoup de secteurs font l’objet d’opérations d’aménagement d’envergure. C’est le cas du parc du Millénaire, « un de ces lieux où se pense et se construit la ville de demain », précisait Antoine Frérot, le PDG de Veolia, lors de l’inauguration du bâtiment. Pour preuve : l’installation de nombreux sièges et entreprises, sans compter l’arrivée du Campus Condorcet, en 2019, et de Chanel, en 2020.
Ce dynamisme urbain et l’accessibilité au lieu ont pesé dans la balance quand Veolia a choisi Aubervilliers. La commune lui confie aussi, jusqu’à présent, sa production d’eau et le traitement de ses déchets, « l’idée d’être sur une commune qui nous fait travailler, qui nous aime bien, ça fait plaisir », précise Helman le Pas de Sécheval, le secrétaire général de Veolia.
Puis il y a la présence de l’eau avec le canal. Une sorte de retour sur image du groupe, ex-Compagnie générale des eaux.

La peur de L’inconnu ?

Malgré cela, la Direction du groupe ne cache pas que certains de ses salariés étaient un peu frileux à l’idée de venir travailler à Aubervilliers. « Il y a la même problématique avec le Campus Condorcet », tient à préciser Anthony Daguet, le 1er adjoint de la Mairie, délégué, entre autres, aux Finances, Travaux et Équipements. Le terrible spectre des banlieues et sa ribambelle de préjugés.
Ainsi, « des groupes de travail ont été créés pour parler de l’insécurité à Aubervilliers ». La commissaire de police et le directeur de la sécurité du parc sont intervenus afin de rassurer les salariés, « cartes sur table, statistiques à l’appui ».
Malgré les chiffres, malgré les propos rassurants des deux intervenants, malgré le fait que toute personne vivant ou travaillant en milieu urbain, quel qu’il soit, doit connaître les gestes et les comportements « de base », heureusement qu’« un miracle s’est produit », nous confie Helman le Pas de Sécheval. Des Albertivillarien. ne.s, qui travaillent chez Veolia, ont juste « témoigné » de leur quotidien dans cette ville.
Et « le témoignage vécu d’un collègue a une plus forte puissance que le discours de la Direction ». On peut effectivement vivre et travailler à Aubervilliers en toute sécurité.

Un territoire commun

« Veolia, ne serait-ce que par les taxes versées, a déjà redonné de l’activité économique à la ville », affirme le secrétaire général. Pendant la phase de construction, les acteurs locaux ont été intégrés à la dynamique par des partenariats avec des associations locales d’insertion et une étroite collaboration avec la ville et le Conseil général de Seine -Saint-Denis.
Ainsi, 181 salariés en insertion (allocataires du RSA, demandeurs d’emploi de longue durée, travailleurs handicapés et moins de 26 ans à faible niveau de qualification)
ont été mobilisés sur le chantier. « Nous voulions intégrer la population locale à la construction de ce bâtiment.
Avec l’idée que, dans cinquante ans, des grands-parents puissent dire à leurs petits-enfants, tu vois, ces vitres ou ce parquet, c’est moi qui les ai posés ! »
, ajoute-t-il. Pour l’installation du parquet, par exemple, les Parqueteurs de France, prestataire retenu, ont intégré dans leur équipe, en lien avec la régie de quartier, des apprentis qu’ils ont ainsi formé à la pose et au ponçage. Au total, 90 461 heures d’insertion
ont été réalisées, soit 139 % d’atteinte de l’objectif initial de 65 000 heures.
Mais, deux ans après son arrivée, cette nouvelle forme de coopération entre tous les acteurs d’un même territoire est-elle toujours d’actualité ?

Découvrir la ville

Car plus de 2 000 nouveaux salariés sur les 169 000 répartis dans le monde, ça doit forcément créer de l’emploi aux alentours. « Et la Ville n’attend que ça ! », dit-on à la Mairie. Dans les contrats passés avec des fournisseurs pour le ménage, l’entretien des espaces verts, le gardiennage ou la restauration, il y a obligation à faire travailler du personnel
local. Quant aux salariés, la Direction valorise auprès d’eux le territoire d’Aubervilliers et les incite à découvrir la ville, mais, paradoxalement, peut-être que l’architecture du
bâtiment ne les pousse pas à sortir de leur « Maison commune », comme aime à l’appeler Antoine Frérot. Il est vrai que l’on doit se sentir sacrément bien dans ces 45 000 m2 qui comptent, entre autres, 1 salle de sport de 300 m2, 2 terrasses et 2 jardins arborés, 3 restaurants et 1 cafétéria qui rencontrent « un succès fou ».

Céline Raux-Samaan

 

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